52% – rencontre avec Visant

Extrait de 52 pourcents de Visant - Flibusk

52% – petites chroniques du sexisme ordinaire, c’est la nouvelle campagne de financement participatif de Flibusk. On vous propose de rencontrer son auteur.

Nouvel arrivant dans l’équipe Flibusk Vincent aka Visant, est passé à confesse avec notre community manager, dans une interview façon presse.

Le lancement de ta première campagne de financement participatif ne te stresse pas trop ?

NON PAS DU TOUT ET D’AILLEURS JE… BvgrgZDXHILcezcfNKOXM1P. Hum, pardon !

Si, un peu quand même, faut pas pousser. Par contre je suis soulagé de ne pas devoir y aller tout seul, ce que j’avais initialement prévu.

Comment s’est passée la rencontre avec les Flibuskiers ?

Par relations interposées. L’avantage des univers contigus, c’est qu’ils finissent par se croiser et mettent en contact les bonnes personnes… la physique quantique des interactions intelligentes en quelque sorte !

« Les féministes sont caricaturées à outrance, victimes d’attaques violentes et rabaissées à une sous catégorie de dingues. »

D’où vient ton engagement contre le sexisme ?

Au regard d’une généalogie qui n’a pas été épargnée par les violences, une éducation sans stéréotypes m’a permis de me construire sereinement, ce qui m’a naturellement amené à m’engager à l’âge adulte dans le militantisme.

Quel est l’objectif de ton livre ?

Casser les codes. La question des luttes pour les droits des femmes est sans cesse minimisée et attaquée. Les féministes sont caricaturées à outrance, victimes d’attaques violentes et rabaissées à une sous catégorie de dingues. C’est un procès indigne fait à des femmes tenaces et courageuses qui œuvrent pour une société consciente et plus juste. En tant qu’homme j’ai cherché à contribuer à cette lutte, sans parasiter la parole des concernées.

Dessiner est une solution parfaite, elle me permet d’exprimer des idées et de délivrer des messages, sans me mettre en avant en tant qu’individu au sens physique du terme. Mes dessins vivent en dehors de moi. Une fois réalisés, ils m’échappent et ne sont plus conditionnés par ma personne.

Ils sont une interface qui me permet de militer sans envahir l’espace, Visant n’étant plus in fine qu’une signature en bas de page. Et comme je ne suis pas friand des projecteurs, cette forme de confidentialité me convient parfaitement.

Tu dis dans ta présentation que ce combat est tristement d’actualité, peux-tu étayer ?

En 2016, nous devons encore batailler pour des questions élémentaires : égalité salariale et de carrière, partage des tâches, violences sociétales, stéréotypes, droit à disposer de son corps ; la liste n’est pas exhaustive.

C’est absolument inacceptable. Aucune société dite « évoluée » ne devrait tolérer un tel système oppressif basé uniquement sur une discrimination de genre. Nos parentes, nos mères, nos compagnes, nos sœurs, nos filles, nos amies ne sont pas des êtres de seconde zone.

On parle de plus de la moitié de l’humanité. Quand par exemple des droits fondamentaux comme l’IVG sont régulièrement remis en cause il est impératif de s’y opposer. La colère est légitime, et nécessaire pour mettre fin à ce gâchis.

« J’ai une passion dévorante pour l’humour noir, la saine provocation qui décolle la pulpe du fond. »

Tu te définis aussi comme psychiatre pour chat, peux tu nous en dire plus ?

Tout à fait, miaou !

Quelles sont les autres cordes de ton arc ?

Juppé a marché sur le miroir d'eau (Dessin : Visant) - Flibusk

J’exerce différentes activités pour payer mes factures, directeur artistique, graphiste, illustrateur… J’évolue également dans l’événementiel. Mon truc c’est de trouver des solutions : si c’est pertinent et élégant, je suis dans mon élément.

Je pratique aussi différentes disciplines, comme la calligraphie, l’écriture, le travail manuel. J’aime énormément tout ce qui se rapporte à l’artisanat et à la création. Je suis un bidouilleur compulsif avec une curiosité insatiable.

L’activité qui me plait le plus, c’est celle de dessinateur de presse pour le média en ligne Rue89 Bordeaux, c’est un espace de liberté particulièrement réjouissant.

Peux-tu nous décrire ton trait, et ta façon d’écrire ?

Je dirais « taquin » avec une touche de piment ! J’ai une passion dévorante pour l’humour noir, la saine provocation qui décolle la pulpe du fond. J’ai la fâcheuse manie de ne jamais me couler dans le politiquement correct. Autant exploiter ce trait de caractère de manière créative !

Quand à mon trait… En fait, je le laisse libre d’aller où il veut. Mon style s’est naturellement développé avec les années, et il me convient pour ce que j’ai à faire. Je n’aime pas m’imposer de carcans artistiques.

Quelles sont tes influences ?

Pour l’humour, l’influence anglaise à la manière des Monty Pythons, l’humour noir lettré d’un Desproges.

Je suis allergique à l’humour policé et calibré. J’aime l’absurde, le caustique qui fait réfléchir. Pour le dessin, j’ai grandi avec des auteurs comme Reiser, Cabu, Gotlib, F’murr, Pratt, Waterson, Spiegelman, Otomo… Il y en a tellement.

Qu’est-ce qui te plait dans la caricature ?

Bienvenue au club Donald (Dessin : Visant)

La distance qu’elle provoque, sa capacité à mettre en lumière et à mettre le doigt là où ça fait mal. Elle oblige aussi à rechercher le maximum d’efficacité dans l’analyse et dans la retranscription. Une alliance exigeante entre écriture et dessin. C’est une discipline sans filet. Il n’y pas de seconde chance, un peu comme dans la calligraphie. Ce qui me plait également c’est d’être capable de partager du rire, une pause dans la gravité ambiante.

J’ai reçu un jour un message de remerciement d’une personne me disant que la première chose qu’elle faisait le matin, après avoir allumé son ordinateur, consistait à aller voir ma dernière publication, car cela lui donnait sa dose de rire pour attaquer la journée. Là j’estime être à ma place.

Ce serait quoi pour toi une campagne réussie ?

Des lecteurs heureux d’avoir entre les mains un bouquin qui pour moi est hautement symbolique, car c’est autant un hommage qu’une promesse implicite faite à des femmes qui m’ont permis de devenir.

As-tu fait exprès de lancer ta campagne le jour de l’élection de Donald Trump ?

Oui, tout est calculé et je prépare d’ailleurs activement son impeachment. Sinon je répare aussi les PC à distance par la pensée.


Merci Vincent. La campagne sur Ulule est ouverte jusqu’au 9 décembre. N’attendez pas le dernier instant pour vous lancer !

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